Mémoire de Paille et de soie

de Saga Junichi

Médecin de province, Saga Junichi commence à enregistrer les souvenirs de ses patients dans les années soixante-dix. “Mémoires de paille et de soie” présente une sélection de ces récits recueillis pendant dix-sept ans. Tour à tour drôles, tragiques, émouvants, ils dépeignent le Japon médiéval dans lequel se forma la personnalité de plusieurs maître d’arts martiaux (Morihei Ueshiba, Funakoshi Gishin…). Un Japon âpre, dur mais élégant, qui nous invite à nous questionner sur la création de certaines disciplines comme le karaté moderne ou l’aïkido.

En général, autrefois, on coupait la tête des criminels. Le bourreau se tenait juste derrière le prisonnier, regardait bien le cou du condamné, et abattait son sabre d’un seul coup. Grand-père m’a dit qu’il fallait faire bien attention à couper entre les os du cou, sinon le sabre ne passait pas jusqu’au bout et le condamné restait avec sa tête à moitié coupée, hurlant de douleur. il paraît que les criminels demandaient que ce soit quelqu’un capable de tuer d’un seul coup. Et mon grand-père avait une bonne réputation, à ce qu’il paraît. Il pouvait même couper la tête d’un prisonnier en train de s’échapper. Ce n’était pas vraiment permis, il m’a dit, mais il le faisait de temps en temps pour tester sa technique.”

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“Tous les jours, après ma journée de travail à la clinique, je parcourais la ville à pied, visitant l’une après l’autre plusieurs personnes âgées, un magnétophone portatif dans ma serviette.”
De ces enregistrements patiemment recueillis pendant dix-sept ans au cours de ses tournées, l’auteur recrée pour nous la vie intime et quotidienne d’une petite ville japonaise d’avant-guerre. On entend dans ce livre le bruit des pas, des outils, des fêtes, les rires des enfants, les clochettes des enterrements, les sabots des chevaux, le grincement des roues des charrettes ou le tambour d’alarme des inondations. Ici, ancienne geisha, gangster, bouchère, teinturier, fermier, servante, sage-femme, écolière, pêcheur, professeur viennent ingénument nous raconter leurs souvenirs. Dans ces chroniques pleines de truculence et d’humilité, de simplicité et de chaleur, on entend des histoires de patience, de joies, de chagrins qui nous font peu à peu comprendre les mécanismes profonds qui rythment cette vie japonaise chargée de traditions et de culture.

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